Nos corps policiers sont tellement sous-financés, ça fait pitié à voir! Un exemple frappant (dans le sens de...) : ils doivent être deux par voiture, faute de moyens pour acheter plus de véhicules dont les portes arrières ne s'ouvrent pas de l'intérieur...
La Ville de Mirabel vient de trouver un "nouveau type de partenariat qui profite à la communauté en général". Ils annoncent la mise en fonction d'une
voiture de police commanditée, une New Beetle arborant des logos de compagnies de télécommunication, de breuvage et de transport. Rassurez-vous, "cette voiture ne sera utilisée que pour des fonctions "communautaires", principalement de la prévention (plutôt de la promotion) dans les écoles", confirme Bernard Brousseau, directeur du Service de la police de la Ville de Mirabel.
"Nous nous sommes engagés auprès de nos partenaires corporatifs à ne jamais utiliser la voiture pour des opérations à caractère répressif", dit-il. Probablement que les commanditaires ne voulaient pas voir leur logo associé à une mauvaise expérience (arrestation, contravention) et s'aliéner ainsi des consommateurs potentiels.
Vous pensez que ce phénomène est isolé? Il s'agit plutôt d'une tendance qui se confirme. La SQ et la GRC possèdent toutes deux des véhicules commandités en opération depuis quelques années et la Ville de Mirabel est tellement satisfaite de sa New Beetle parsemée de logos qu'elle dévoilera une seconde voiture commanditée en août.
Interrogé à ce sujet, le président de la Fédération des policiers et policières municipaux du Québec, Yves Prud'Homme, affirme qu'il s'agit d'une "réponse aux réductions de budget des services policiers des dernières années". Donc, ce genre d'initiative est encouragé (au minimum toléré) au sein de la Fédération qui ne voit aucun conflit d'intérêt à associer une marque de commerce avec le maintien de l'ordre.
La police constitue le bras répressif de l'État. Puisque les corporations possèdent individuellement la plupart de nos "élus", il est normal que les vrais patrons des policiers (les corporations) affichent leurs couleurs sur les voitures de police. La boucle est bouclée.
À Montréal uniquement, la plus grosse tranche du
budget est consacrée au corps policier : 21,9%, comparativement à l'aménagement (4,1%), la Santé et le Bien-Être (3,4%), les loisirs (13,3%) et l'administration (14,5%). De plus, fait inusité, les policiers du Québec se verront distribuer
9 millions de dollars saisis chez les motards suite à l'opération Printemps 2001 (cette "commission" devrait les motiver à saisir encore plus de biens dans le milieu du "crime organisé"). Pourtant, au niveau qualité-prix, on repassera, puisque la lutte aux bandes criminalisées a coûté plus de 100 millions de dollars en 5 ans pour ne rapporter aux corps policiers qu'un maigre
27 millions.
Alors que l'on parle de plus en plus de décriminaliser la possession de marijuana, que la majeure partie des motards est sous les verrous et que la
criminalité est en baisse au Québec, comment justifier ce besoin pressant d'argent pour nos corps policiers? Encore la menace du 11 septembre?
À quand les contraventions avec de la pub? Les matraques Rona? Les cellules Ikea?